Réussir à convaincre son jury que le sujet de recherche compte

Réussir à convaincre son jury que le sujet de recherche compte

Quand on est enseignant·e-chercheur·e, l’exercice de la soutenance – qu’il s’agisse d’une thèse, d’une HDR ou d’un comité de sélection – est un moment d’une intensité rare. Vous avez passé des mois, voire des années, à décortiquer les moindres recoins de votre sujet, à affûter votre expertise. Votre travail est d’une rigueur scientifique irréprochable. Pourtant, au moment de la présentation finale, une question lancinante vous taraude : comment faire pour que ces cinq personnes assises en face de vous, expertes et parfois redoutables, comprennent à quel point votre sujet… compte ?

La vérité, c’est que la science seule ne suffit pas. Votre autorité ne s’exprime pas uniquement dans la bibliographie que vous maîtrisez, mais dans la manière dont vous transmettez l’étincelle qui a allumé votre recherche. Votre jury n’est pas là pour vérifier que vous avez bien fait votre travail. Il est là pour être convaincu que votre contribution mérite de changer la donne.

 

Le piège de l’expertise et la nécessité du « Pourquoi »

 

Le premier obstacle que rencontre le chercheur·euse est souvent sa propre expertise. À force d’être plongé dans les détails, vous oubliez parfois de remonter à la surface pour respirer et, surtout, pour expliquer pourquoi votre sujet est vital. Vous parlez de méthodologie, de résultats, de limites… mais vous omettez le plus important : le « Pourquoi ».

Votre jury, même s’il est composé d’éminents spécialistes, est humain. Il est sensible à l’impact, à la nouveauté, à la rupture. Si vous ne commencez pas par planter le décor et par expliquer clairement le problème que vous résolvez, vous les perdez dans le labyrinthe de vos données. C’est un peu comme si vous présentiez la recette d’un gâteau sans jamais mentionner qu’il s’agit du seul remède connu contre la tristesse du lundi matin !

Pour réussir sa présentation et asseoir son autorité sur le sujet, le chercheur·euse doit adopter une structure narrative simple et puissante, souvent résumée par l’acronyme ABT (And, But, Therefore) ou, plus simplement, par le triptyque :

  1. Le Contexte (And) : « Nous savons que X est vrai, et que Y est la conséquence… » (Le décor est planté, votre jury hoche la tête).
  2. Le Problème (But) : « Mais, malgré cela, nous n’avons pas réussi à résoudre Z… » (C’est là que vous créez la tension, l’enjeu. Le jury se redresse).
  3. La Solution/L’Impact (Therefore) : « Par conséquent, ma recherche propose une nouvelle approche qui permet de… » (C’est votre moment de gloire, la raison pour laquelle votre sujet compte).

En vous concentrant sur le « But » – le vide que vous comblez, la question que vous résolvez – vous passez d’un exposé technique à une démonstration de nécessité. C’est le fondement même de votre crédibilité en tant que chercheur·euse.

 

Quand la science rencontre le théâtre : l’art de l’incarnation

 

Convaincre que votre sujet compte, c’est aussi convaincre que vous êtes la seule personne capable de le porter. La présentation devant un jury est une performance. Non pas une comédie, mais une incarnation de votre passion.

Le chercheur·euse a souvent tendance à se cacher derrière l’objectivité de ses données. Erreur ! Votre jury veut voir l’humain derrière le chercheur. Il veut sentir la flamme qui vous a fait tenir les nuits de doutes. C’est là que le style amical et bienveillant, que vous cultivez dans votre communication, doit transparaître.

Dans le tome 2 de la BD « la thèse nuit gravement à la santé », on raconte l’histoire d’une docteure en biologie et de son collègue mexicain. Face au stress des manipulations en laboratoire – qui précèdent souvent les grandes présentations – ils avaient développé un rituel pour le moins… inattendu. Le collègue avait récupéré la patte d’un lièvre renversé sur la route et en avait fait un porte-bonheur. Leur rituel ? Se frotter les aisselles avec ce « truc dégueu » avant chaque manipulation importante pour se porter chance !

Bien sûr, je ne vous conseille pas de vous présenter devant votre jury avec une patte de lièvre sous le bras ! Mais cette histoire, tirée d’anecdotes sur la vie des doctorants, illustre parfaitement l’état de tension irrationnel qui peut précéder la présentation décisive.

 

Les trois clés pour transformer votre sujet en événement

 

Pour que votre sujet compte, il doit devenir un événement dans l’esprit de votre jury. Voici trois clés pour y parvenir, en renforçant votre autorité et votre communication :

 

1. La clarté du langage : évitez le jargon qui tue

 

Vous êtes un·e expert·e, mais vous devez parler comme un traducteur. Le jargon est une barrière, pas une preuve d’intelligence. Chaque fois que vous utilisez un terme technique, demandez-vous : « Est-ce que ma grand-mère pourrait comprendre l’idée principale ? » Si la réponse est non, trouvez une analogie, une image, une métaphore. C’est le signe d’un chercheur mature : la capacité à simplifier sans trahir la complexité.

Un enseignant-chercheur qui réussit à expliquer son sujet en termes simples montre qu’il en a une maîtrise totale, bien au-delà de la simple mémorisation. C’est une preuve d’autorité qui impressionnera n’importe quel jury.

 

2. Le regard et la posture : l’ancrage de l’autorité

 

Votre corps parle avant vos mots. Dans cet exercice de présentation devant le jury, votre posture est essentielle pour asseoir votre autorité. Tenez-vous droit, utilisez l’espace. Un pas en avant peut souligner un argument capital, tandis qu’une position stable ancre votre crédibilité sur le sujet.

Surtout, regardez votre jury. Ne lisez pas vos notes. Le contact visuel est l’outil le plus puissant pour la conviction. Il dit : « Je suis là, je crois en ce que je dis, et je vous invite à me suivre. » C’est un acte de conviction non verbal qui transforme l’atmosphère de la pièce.

 

3. L’Ouverture et la Vision : Projeter l’Avenir

 

Le jury ne juge pas seulement le travail accompli ; il juge le potentiel du chercheur. Votre sujet compte s’il ouvre des portes. La conclusion de votre présentation ne doit pas être un simple résumé, mais une projection.

Où va votre recherche ? Comment va-t-elle impacter la discipline, la société, le monde ? C’est le moment d’endosser votre costume de visionnaire. Parlez des collaborations futures, des applications inattendues, de la manière dont votre travail va servir de tremplin à d’autres. En montrant que votre sujet est un point de départ, et non un point final, vous démontrez qu’il a une importance qui dépasse largement le cadre de votre soutenance.

Pour vous aider à caractériser l’importance de votre sujet et à formuler clairement les contributions scientifiques visées, une lecture : le Petit guide de survie de l’enseignant-chercheur. Vous y trouverez des conseils précieux pour structurer votre pensée et votre discours.

 

De la recherche à la Conviction

 

Convaincre votre jury que votre sujet compte n’est pas une question de chance, mais de communication maîtrisée. C’est l’art de transformer la rigueur scientifique en récit captivant.

Vous avez la connaissance. Vous avez la passion. Il ne vous reste qu’à oser l’incarner. Laissez de côté la patte de lièvre et les superstitions. Armez-vous de clarté, d’une posture assurée, et surtout, de la conviction inébranlable que votre travail est essentiel. C’est en faisant preuve de cette autorité que le chercheur réussit à toucher non seulement l’esprit, mais aussi le cœur de son jury.

Et n’oubliez jamais : le sujet le plus important est celui que l’on raconte avec le plus de vérité.

Tout commence par un échange...

Christine Besneux

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.

Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.

Osez incarner le leadership authentique dans vos prises de parole

Osez incarner le leadership authentique dans vos prises de parole

Dans le tourbillon incessant des affaires, votre prise de parole est votre outil le plus puissant. Elle n’est pas un simple exercice de communication, c’est le moment de vérité où votre leadership se révèle. On vous demande d’être visionnaire, stratège, inspirant… Bref, d’être un super-héros en costume. Mais à force de vouloir coller à l’image du leader parfait, beaucoup d’entre vous finissent par ressembler à des robots bien huilés, débitant un discours sans âme. Le résultat ? Un auditoire poli, mais pas convaincu.

Et si le secret de l’impact ne résidait pas dans la perfection, mais dans l’authenticité ?

Dans cet article, nous allons explorer pourquoi et comment vous devez oser incarner votre leadership authentique dans chacune de vos prises de parole professionnelles. Loin des clichés, nous verrons comment votre vulnérabilité, votre histoire et vos convictions profondes sont les véritables clés pour toucher le cœur et l’esprit de vos équipes et de vos partenaires.

 

Le leadership authentique : plus qu’un mot-clé, une boussole

 

Mais c’est quoi leadership authentique d’abord ? Il ne s’agit pas de déballer votre vie privée en réunion, ni de confondre transparence et exhibitionnisme. L’authenticité, c’est la capacité à être vrai avec vous-même et avec les autres, en étant fidèle à vos valeurs, vos convictions et vos émotions. C’est l’alignement parfait entre ce que vous dites, ce que vous pensez et ce que vous faites, surtout lorsque la pression est maximale.

Dans votre rôle de dirigeant ou de manager, cette authenticité se manifeste par quatre piliers indissociables de votre prise de parole :

  1. La Transparence : partager clairement vos intentions et vos décisions.
  2. L’Intégrité : agir en accord avec vos valeurs profondes.
  3. La Vulnérabilité : oser accepter et exprimer vos erreurs, vos doutes, vos limites.
  4. La Cohérence : maintenir cet alignement entre vos paroles et vos actes dans la durée.

C’est cette cohérence qui transforme votre prise de parole en acte de leadership. Quand vous parlez, vos collaborateurs ne cherchent pas seulement à comprendre le message ; ils cherchent à évaluer le messager. S’ils perçoivent une faille, tout votre discours s’écroule.

 

L’anecdote qui secoue le cocotier : le courage de l’intégrité

 

L’histoire regorge d’exemples de leadership qui ont marqué les esprits non pas par leur perfection, mais par leur courage et leur authenticité. Et parfois, le courage, c’est de refuser de se taire.

Souvenez-vous d’Antoine Riboud, le PDG de BSN (devenu Danone) en 1972. À l’époque, la RSE n’existait pas. Le dogme, c’était la croissance économique à tout prix. Convié à prendre la parole devant 1 800 patrons au CNPF (l’ancêtre du MEDEF) à Marseille, il était attendu au tournant. Les rumeurs couraient qu’il allait parler de progrès social et d’environnement.

Effrayés par le contenu jugé trop « progressiste », les responsables du syndicat patronal ont tenté de contrôler le texte de son discours. Riboud a refusé. Mieux, il a menacé de le prononcer dans l’hôtel situé en face du Centre des congrès s’ils insistaient ! Il a tenu bon, et son discours, où il évoquait déjà la nécessité d’allier réussite économique et progrès social, est resté dans les annales comme un acte fondateur du leadership moderne.

Pourquoi cette histoire est-elle un modèle de leadership authentique ? Parce que Riboud a fait preuve d’une intégrité sans faille. Il a refusé de trahir ses convictions pour se conformer aux attentes de son auditoire. Il n’a pas cherché à plaire, mais à dire sa vérité. Et c’est cette vérité, ce courage, qui a donné un poids immense à sa prise de parole.

C’est un rappel puissant : votre prise de parole n’est pas un examen de conformité. C’est une opportunité de montrer votre colonne vertébrale. Quand vous parlez, demandez-vous : « Est-ce que je dis ce que l’on attend de moi, ou est-ce que j’incarne vraiment ce que je crois ? »

 

La vulnérabilité, votre super-pouvoir secret

 

Le mythe du leader « Superman » ou « Wonder Woman » qui ne doute jamais, qui a réponse à tout, est tenace. Pourtant, il est terriblement inefficace. Il crée une distance infranchissable avec vos équipes et vous enferme dans une solitude toxique.

Le leadership authentique vous invite à embrasser votre vulnérabilité. Non pas pour vous plaindre, mais pour créer le lien. Quand vous osez dire : « Cette décision a été difficile, et j’ai hésité », ou « Nous avons échoué sur ce projet, et voici ce que j’en retire personnellement », vous ne perdez pas votre autorité. Au contraire, vous la renforcez.

La vulnérabilité est un acte de courage, pas de faiblesse.

Elle a un effet miroir : en vous montrant humain, vous donnez la permission à vos collaborateurs de l’être aussi. Vous créez un climat de confiance où l’erreur n’est plus un tabou, mais une étape vers l’apprentissage. C’est essentiel pour l’innovation et l’engagement. Une équipe qui a peur de l’échec est une équipe qui n’ose plus rien. Un leadership qui n’ose pas se montrer imparfait est un leadership qui n’inspire plus.

Dans vos prises de parole, cela se traduit par :

  • le « Je » assumé : parlez de votre expérience, de vos émotions face à une situation.
  • la question ouverte : invitez le débat, montrez que vous n’avez pas la science infuse.
  • l’aveu mesuré : reconnaissez une difficulté, une erreur passée, pour montrer le chemin parcouru.

 

Les pièges à éviter pour un leadership qui résonne

 

Maintenant que vous êtes prêt à embrasser ce leadership authentique, attention aux quelques pièges qui pourraient transformer votre bonne intention en maladresse.

  1. La confusion avec l’improvisation : l’authenticité demande une préparation rigoureuse. Vous devez connaître votre sujet, votre public et surtout vous-même.
  2. L’excès de confession : il y a une ligne fine entre la vulnérabilité inspirante et la plainte démoralisante. Votre rôle est d’inspirer confiance, pas de transférer votre anxiété.
  3. L’incohérence post-discours : si vous promettez la transparence et continuez à décider en vase clos, votre crédibilité sera anéantie. La cohérence est la preuve que votre authenticité est un mode de vie.

 

L’impact de votre parole est dans votre vérité

 

La quête du leadership authentique dans votre prise de parole est un voyage continu. C’est le passage du « chef » qui ordonne au « leader » qui inspire. C’est le refus de porter un masque qui vous étouffe et qui, paradoxalement, vous rend invisible aux yeux de ceux que vous voulez guider.

Votre parole est attendue. Elle est scrutée. Elle est le reflet de votre culture d’entreprise. En osant être vous-même, avec vos forces et vos faiblesses, vous offrez à votre auditoire le cadeau le plus précieux : la vérité. Et c’est cette vérité, cette sincérité, qui crée le lien le plus solide, le plus durable, et qui garantit l’impact de votre leadership.

Le monde n’a pas besoin de plus de leaders parfaits, il a besoin de leaders vrais. Alors, la prochaine fois que vous monterez sur scène ou que vous prendrez la parole en visio, respirez, souriez, et osez être simplement vous. Le reste suivra.

Les anecdotes créent le lien dans les pitchs pour un effet « Wouahou ! »

Les anecdotes créent le lien dans les pitchs pour un effet « Wouahou ! »

Votre startup développe un produit génial, vous avez une équipe de choc, et des chiffres qui feraient pâlir d’envie la Silicon Valley. Mais avouons-le, quand vient le moment de pitcher devant des investisseurs ou des partenaires, la pression monte. Votre pitch est techniquement irréprochable, votre business plan tient la route, mais il manque cette étincelle, ce petit truc en plus qui transforme une simple présentation en un moment mémorable. Vous savez, ce moment où l’auditoire se penche en avant, un sourire aux lèvres, et se dit : « Ah oui, là, je comprends tout ! » Ce « truc en plus », c’est l’anecdote.

Loin d’être un simple interlude divertissant, elle est une arme de persuasion massive, un pont émotionnel qui relie votre histoire à l’expérience humaine de votre interlocuteur. Dans l’univers parfois aride de la finance et des KPI, elle est le grain de sel qui donne du goût, le piment qui réveille. Elle humanise votre startup, incarne votre mission, et surtout, elle crée un lien indéfectible.

On n’investit pas seulement dans une idée, on investit dans une aventure humaine. Et quelle meilleure façon de raconter une aventure qu’avec une bonne histoire ?

 

Pourquoi une petite histoire vaut mille slides

 

Vous avez passé des heures à peaufiner vos slides. C’est essentiel, bien sûr. Mais soyons honnêtes : un tableau Excel, aussi beau soit-il, n’a jamais fait pleurer personne. Or, les décisions sont rarement purement rationnelles. Elles sont souvent teintées, voire dictées, par l’émotion. C’est là que l’anecdote entre en scène, tel un super-héros masqué, prêt à sauver votre pitch de l’ennui mortel.

L’anecdote a trois super-pouvoirs :

  • elle humanise votre projet (le rêve derrière l’algorithme),
  • elle simplifie un concept complexe (une technologie de rupture expliquée par un exemple concret),
  • et surtout, elle est mémorable.

Notre cerveau est programmé pour retenir les histoires, pas les listes à puces. Des années après, vos investisseurs se souviendront de l’histoire de la soirée arrosée, bien avant le taux de croissance trimestriel.

Imaginez la scène : vous êtes le cinquième pitch de la journée. Les investisseurs ont les yeux qui piquent. Et là, au lieu d’attaquer par le classique « Bonjour, nous sommes X et nous faisons Y », vous commencez par un « Il y a trois ans, j’étais dans mon garage, et j’ai failli mettre le feu à ma maison en essayant de… » Boom ! Vous avez leur attention. Vous avez créé le lien.

Mais attention, l’anecdote doit être bien choisie. Elle doit servir votre propos, et non le parasiter. Elle n’est pas là pour vous faire passer pour un clown, mais pour souligner la profondeur de votre conviction, l’origine de votre idée, ou la résilience de votre équipe. Elle doit être le point de départ, le déclencheur de l’histoire que vous allez raconter.

 

L’étincelle : comment les grandes idées naissent (souvent) dans le chaos

 

Comment trouver cette perle rare, cette anecdote qui va faire le job ? La clé réside dans l’équilibre entre la vérité et la théâtralité. Elle doit être vraie, car la crédibilité est non négociable. Mais elle doit être racontée avec un sens aigu du spectacle. Après tout, vous êtes sur scène.

L’anecdote idéale se trouve souvent à la croisée de trois chemins : l’Origine de l’Idée (le « Aha moment »), l’Épreuve (le « presque échec » qui montre votre résilience), et le Client (la « victoire inattendue » qui prouve votre valeur).

Le cofondateur d’eTerritoire, Jules Dulauroy, a raconté que l’idée de son entreprise lui est venue… après une soirée très arrosée. Je cite : « C’est à la suite d’une soirée très arrosée et donc avec un gros mal de crâne que nous avons eu l’idée de lancer notre idée… Il faut donc boire avec modération… ou pas! » Voilà une anecdote qui crée immédiatement la connivence. Elle est drôle, inattendue, et montre que les grandes idées peuvent naître dans les moments les plus humains. Elle dit, sans le dire : « Nous sommes comme vous, avec nos faiblesses, mais nous avons eu une idée géniale. »

Autre exemple, celui de Simon Tripnaux, cofondateur d’Aksebo, qui a mis son site en ligne « sur un coup de tête » Deux jours plus tard, il y avait déjà une dizaine de commandes. Cette anecdote, courte et percutante, illustre parfaitement l’intuition et la rapidité d’exécution, deux qualités que les investisseurs adorent. Elle montre que l’idée était si simple et si bonne qu’elle n’avait pas besoin d’une étude de marché de six mois pour être validée.

Pour que l’anecdote soit « croustillante », n’hésitez pas à y mettre du détail sensoriel, de la surprise, et une chute bien placée. Le secret, c’est de la répéter jusqu’à ce qu’elle sonne naturelle, comme si elle vous échappait.

 

Les rituels d’équipe : la preuve que vous êtes une aventure humaine

 

Les anecdotes ne sont pas toujours des récits longs et complexes. Elles peuvent aussi être de petites touches, des rituels, des expressions qui en disent long sur la culture de votre entreprise. Ces détails sont cruciaux pour les startups, car ils montrent que vous n’êtes pas qu’une simple coquille vide, mais une entité vivante, avec une âme.

Julien Deveaux, cofondateur de Cotton Track, a partagé un rituel amusant : le « termsheet cookie ». Chaque fois qu’ils obtenaient un nouveau « termsheet » (une proposition d’investissement), ils célébraient cela avec un cookie. Ce n’est pas une anecdote qui raconte l’origine de l’idée, mais elle raconte quelque chose de tout aussi important : la manière dont l’équipe célèbre ses victoires, sa culture d’entreprise, son côté humain et décontracté. Devant un investisseur, mentionner ce genre de rituel est un signal fort : « Nous sommes sérieux, mais nous savons nous amuser et valoriser les étapes franchies. »

Votre exercice consiste à dénicher ces petites pépites dans votre propre histoire. Quel est le rituel qui vous définit ? Quelle est la phrase culte qui fait rire votre équipe ? Ces moments sont vos munitions. Ils sont la preuve vivante que vous êtes prêts à aller au combat, mais avec le sourire.

 

Le côté obscur de l’anecdote

 

Comme toute arme puissante, l’anecdote mal utilisée peut se retourner contre vous. Voici quelques pièges classiques à éviter, car un pitch raté à cause d’une anecdote mal calibrée, c’est un peu comme rater un gâteau à cause d’une pincée de sel de trop : frustrant et inutile.

Le premier piège est l’anecdote trop longue.

C’est le péché capital. Votre pitch est chronométré. Une anecdote qui s’étire en longueur, qui perd son chemin dans des détails inutiles, est une catastrophe. Elle doit être courte, percutante, et servir de tremplin. Si elle prend plus de 30 secondes, coupez.

Le deuxième est l’anecdote non pertinente

Elle doit être directement liée à votre produit, votre marché, votre mission ou votre équipe. Si vous racontez votre dernière mésaventure en vacances, vous perdez votre temps et l’attention de votre auditoire.

Le troisième concerne l’authenticité et la crédibilité

Évitez tout ce qui pourrait laisser penser que vous n’êtes pas sérieux, que vous manquez de professionnalisme, ou que vous avez pris des risques inconsidérés. L’histoire du « gros mal de crâne » de Jules Dulauroy fonctionne parce qu’elle est drôle et qu’elle a une chute positive (l’idée business). Une histoire de négligence ou de mauvaise gestion, par contre, est à proscrire. De même, l’anecdote doit être vérifiable, car si vous inventez une histoire, vous risquez de détruire votre crédibilité en un instant. L’authenticité est votre bouclier.

Devenez le conteur que votre startup mérite

 

Votre startup est bien plus qu’un ensemble de lignes de code ou un bilan financier. C’est une histoire. Et votre rôle, en tant que fondateur, n’est pas seulement d’être le CEO, mais aussi le « Chief Storytelling Officer ».

Les anecdotes sont les perles de votre collier narratif. Elles sont les moments de vérité qui font que les gens se souviennent de vous, qu’ils se sentent connectés à votre mission, et qu’ils ont envie de vous suivre dans votre folle aventure. En maîtrisant l’art de l’anecdote croustillante, pertinente et bien racontée, vous transformez un pitch technique en une expérience humaine. Vous ne demandez plus un financement, vous proposez une place dans une épopée.

Pour trouver vos anecdotes, creusez dans vos souvenirs, parlez à votre équipe, dénichez ces moments de grâce, de galère, ou de rire qui font l’ADN de votre entreprise. Faites-les briller, et vous verrez que l’effet « Wouahou » n’est jamais loin. À vous de jouer !

Tout commence par un échange...

Christine Besneux

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.

Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.

Réussir sa prise de parole professionnelle en conseil RSE

Réussir sa prise de parole professionnelle en conseil RSE

Convaincre un comité de direction, sensibiliser des équipes, ou inspirer des partenaires sur les enjeux de la Responsabilité Sociétale des Entreprises demande bien plus qu’une simple maîtrise technique. Cela exige un art, celui de la prise de parole professionnelle, capable de toucher le cœur et l’esprit, de transformer des concepts parfois abstraits en actions concrètes et enthousiasmantes. Loin des discours soporifiques et de la langue de bois, vous avez le pouvoir de faire de chaque intervention un moment mémorable, un levier de changement. 

 

Au-delà des chiffres : l’émotion, votre alliée la plus puissante

 

Dans le conseil RSE, on a souvent le réflexe de se réfugier derrière les chiffres, les normes, les réglementations. C’est légitime ! Votre expertise repose sur des faits, des analyses, des données solides. Mais pour réussir votre prise de parole, surtout quand il s’agit de susciter l’adhésion à une démarche RSE, il faut aller au-delà de la simple transmission d’informations. Il faut créer une connexion, provoquer une émotion. Les décisions, même les plus rationnelles, sont souvent influencées par nos émotions. Un auditoire connecté à votre cause, qui comprend l’urgence de votre mission et qui est inspiré par votre passion, sera bien plus enclin à vous suivre.

Votre rôle de consultant RSE est de donner du sens, de montrer comment les actions concrètes que vous proposez vont impacter positivement l’entreprise, ses collaborateurs, ses clients, et la planète. Ne sous-estimez jamais le pouvoir d’une histoire bien racontée.

Le storytelling est votre meilleur ami. Il permet de rendre tangibles des concepts abstraits, de transformer des statistiques en récits humains. Pensez aux grands orateurs : ils ne se contentent pas de débiter des faits, ils tissent des histoires qui résonnent avec les valeurs et les préoccupations de leur public. Un bon récit peut faire passer un message complexe avec une simplicité désarmante, et surtout, il est mémorable. Les gens oublieront peut-être vos chiffres, mais ils se souviendront de l’émotion que vous leur avez fait ressentir.

Lors d’une présentation à un comité de direction, commencer par une série de slides très denses sur les émissions de CO2 et les méthodologies de calcul risques de crisper quelque peu l’auditoire… Par contre, commencer en racontant, par exemple, l’histoire d’une petite entreprise locale qui, grâce à des mesures simples d’efficacité énergétique, a non seulement réduit son empreinte carbone, mais aussi réalisé des économies substantielles et motivé ses employés est autrement plus séduisant.

L’impact se raconte d’abord par l’humain, avant les chiffres. C’est un peu comme la cuisine : on peut avoir les meilleurs ingrédients (les données), mais si on ne sait pas les assembler avec passion (l’émotion), le plat (le message) sera fade.

 

La clarté et la concision : le luxe de l’éloquence

 

Les dirigeants sont sollicités de toutes parts, et leur capacité d’attention est limitée. Votre capacité à être clair·e, concis·e et percutant·e est donc une compétence essentielle. Évitez le jargon technique, les acronymes à rallonge et les phrases alambiquées. Votre objectif est de simplifier, pas de complexifier. Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry : « La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. »

Préparez votre message clé. Quel est le point essentiel que vous voulez que votre auditoire retienne ? Formulez-le en une phrase simple et mémorable. Ensuite, construisez votre argumentaire autour de ce message, en utilisant des exemples concrets et des illustrations parlantes. La structure de votre intervention doit être limpide : annoncez ce que vous allez dire, dites-le, puis résumez ce que vous avez dit. C’est la règle d’or de la communication efficace. Pensez à la méthode de l’« elevator pitch » : seriez-vous capable de présenter l’essence de votre proposition RSE en quelques secondes, le temps d’une montée en ascenseur ? Si la réponse est non, c’est que votre message n’est pas encore assez affûté.

La concision ne signifie pas superficialité. Au contraire, elle est le fruit d’un travail de fond, d’une profonde compréhension de votre sujet. C’est en maîtrisant parfaitement votre expertise que vous pourrez en extraire l’essentiel et le présenter de manière accessible. N’ayez pas peur de faire des pauses, de laisser le temps à votre auditoire d’assimiler l’information. Le silence peut être un outil puissant pour marquer un point important. Et surtout, n’oubliez pas que la communication est un échange. Laissez de la place aux questions, aux interactions. Un bon orateur n’est pas celui qui parle le plus, mais celui qui est le mieux compris.

Un jour, j’ai assisté à une conférence où l’orateur, un expert en développement durable, a commencé sa présentation en disant : « Je vais vous parler de l’économie circulaire. Mais avant, je voudrais que vous imaginiez… » et il a raconté une histoire courte et percutante sur le cycle de vie d’un objet du quotidien. En moins de deux minutes, il avait captivé l’attention de tous et introduit un concept complexe de manière ludique. Il a ensuite déroulé ses arguments techniques, mais le public était déjà conquis. La preuve qu’une introduction bien pensée, claire et concise, peut faire des merveilles. Pour des conseils sur la clarté et la concision, le Projet Voltaire propose d’excellents articles sur l’éloquence et la prise de parole en public, comme cet article sur les 10 conseils pour améliorer votre éloquence.

 

L’authenticité et la crédibilité : vos atouts majeurs

 

En tant que consultant RSE, votre crédibilité est votre capital le plus précieux. Vous êtes là pour conseiller, pour guider, pour inspirer confiance. Et cette confiance se construit sur l’authenticité. N’essayez pas d’être quelqu’un que vous n’êtes pas. Votre personnalité, votre parcours, vos convictions sont des atouts. L’auditoire sentira si vous êtes sincère ou si vous récitez un rôle. Soyez vous-même, avec vos forces et vos vulnérabilités. C’est ce qui vous rendra humain et accessible.

La crédibilité passe aussi par la maîtrise de votre sujet. Vous êtes l’expert, et cela doit transparaître dans votre discours. Soyez précis, utilisez des données fiables, citez vos sources. Mais attention, la crédibilité ne se limite pas à l’expertise technique. Elle englobe aussi votre capacité à écouter, à comprendre les préoccupations de votre auditoire, à répondre à leurs objections avec respect et pertinence. Pédagogue, facilitateur·ice et surtout pas donneur de leçons.

N’hésitez pas à partager vos propres expériences, vos succès, mais aussi vos échecs. Les anecdotes personnelles peuvent renforcer votre authenticité et créer un lien avec votre public. Elles montrent que vous parlez pratique, pas seulement théorie.

Par exemple, avouer avec humour que vous avez eu du mal à convaincre votre propre famille de trier leurs déchets va créer une connivence avec le public, qui se sentira moins seul face aux défis de la transition écologique. Une touche d’humilité et d’authenticité peut ouvrir bien des portes.

 

Le langage non-verbal : quand le corps parle plus fort que les mots

 

Votre prise de parole ne se limite pas à ce que vous dites. Elle est aussi, et parfois surtout, ce que vous ne dites pas. Votre langage corporel, votre voix, votre regard… tous ces éléments non-verbaux envoient des messages puissants à votre auditoire. Et ils peuvent soit renforcer, soit contredire votre discours. Maîtriser ces codes est essentiel pour une communication professionnelle réussie.

La posture, les gestes, le regard et la voix sont les quatre piliers de votre communication non-verbale. Une posture droite et ouverte projette la confiance. Des gestes naturels et amples renforcent votre message. Un regard qui balaie l’auditoire et se pose sur différentes personnes crée une connexion. Une voix qui varie en intonation, en rythme et en volume maintient l’attention.

 

Votre voix, un levier pour un monde meilleur

 

La prise de parole professionnelle n’est pas un don inné, c’est une compétence qui se travaille, se peaufine, se perfectionne. En maîtrisant l’art de l’émotion, de la clarté, de l’authenticité et du langage non-verbal, vous transformez chaque intervention en une opportunité de faire avancer la cause de la RSE.

Osez être passionné, osez être clair, osez être vous-même. Faites de votre prise de parole un moment d’échange authentique, un catalyseur d’action.

Tout commence par un échange...

Christine Besneux

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.

Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.

Gérer le stress avant une présentation importante, guide de survie de l’enseignant-chercheur

Gérer le stress avant une présentation importante, guide de survie de l’enseignant-chercheur

Avouons-le : même après des années à jongler entre cours magistraux, séminaires et colloques, ce petit pincement au ventre avant une présentation cruciale persiste, n’est-ce pas ? Devant des étudiants, des pairs exigeants ou un jury de thèse, le stress peut transformer un échange scientifique en épreuve. Mais rassurez-vous, vous n’êtes pas seul·es ! Ce trac, cette boule au ventre, ces mains moites, sont des compagnons de route connus de tous les orateur·ices, même les plus aguerris. Loin d’être un signe de faiblesse, c’est une réaction humaine normale face à l’enjeu. L’objectif n’est pas de l’éradiquer, mais de l’apprivoiser, de le transformer en allié. 

Comprendre le stress : votre cerveau n’est pas votre ennemi (enfin, pas toujours !)

 

Avant de gérer le stress, il est essentiel de le comprendre. C’est une réaction physiologique et psychologique de votre corps face à une situation perçue comme menaçante ou exigeante. Devant une présentation, votre cerveau reptilien, celui des instincts de survie, se met en mode « combat ou fuite ». Adrénaline, cortisol… un cocktail explosif garanti ! Cœur qui bat la chamade, mains moites, bouche sèche, esprit qui s’emballe ou se vide…

Tous ces symptômes indiquent que votre corps se prépare à l’action. Et c’est une bonne nouvelle ! Cela signifie que vous êtes vivant, que vous vous souciez de ce que vous faites, et que vous avez envie de bien faire. Le stress n’est pas intrinsèquement mauvais ; il peut même être un moteur, un « bon stress » qui aiguise votre concentration et votre réactivité. Le problème survient quand il devient excessif, paralysant, et qu’il vous empêche de donner le meilleur de vous-même.

Pour les enseignants-chercheurs, la pression est souvent double. D’une part, l’exigence académique : rigueur scientifique, peur de l’erreur, jugement des pairs. D’autre part, l’enjeu pédagogique : capter l’attention d’un auditoire parfois blasé, transmettre des concepts complexes avec clarté, inspirer. Cette combinaison peut être un véritable nid à stress. L’Université de Laval (Canada) souligne que l’évitement des présentations publiques est la mère de l’anxiété. Plus on évite, plus la peur grandit. Il est donc crucial de ne pas fuir ces situations, mais de les affronter avec les bonnes stratégies.

J’ai un jour assisté à une conférence où un professeur émérite, réputé pour son calme olympien, a eu un trou de mémoire monumental en plein milieu de sa présentation. Le silence dans la salle était assourdissant. Après quelques secondes qui ont semblé une éternité, il a souri, a pris une grande inspiration et a lancé avec un humour déconcertant : « Eh bien, il semblerait que mon cerveau ait décidé de prendre une petite pause café ! Permettez-moi de le réveiller… » Il a ensuite repris le fil de son discours avec une aisance retrouvée, gagnant au passage la sympathie de toute l’audience.

Cette anecdote illustre parfaitement qu’une petite dose d’autodérision peut désamorcer n’importe quelle situation stressante. L’important n’est pas de ne jamais trébucher, mais de savoir se relever avec panache !

 

La préparation, votre meilleure alliée anti-stress (et anti-gaffes !)

 

On dit souvent que la préparation est la clé du succès. Pour gérer le stress avant une présentation, c’est une vérité d’évangile (ou presque). Une préparation minutieuse ne garantit pas l’absence totale de stress, mais elle réduit considérablement l’incertitude, et donc l’anxiété. Connaître son sujet sur le bout des doigts, c’est la base. Mais pour un enseignant-chercheur, cela va bien au-delà de la simple maîtrise du contenu scientifique. Il s’agit de structurer son propos, de visualiser sa présentation, et de s’entraîner, encore et encore.

Commencez par la structure. Un plan clair, logique, avec une introduction accrocheuse, un développement bien articulé et une conclusion percutante, est un filet de sécurité. Utilisez des intertitres, des transitions fluides, et assurez-vous que votre message principal est limpide. Pensez à votre auditoire : quel est son niveau de connaissance ? Quels sont ses centres d’intérêt ? Comment pouvez-vous rendre votre sujet complexe accessible et passionnant ? La clarté est une forme de bienveillance. Une présentation bien structurée est une présentation qui rassure, tant l’orateur que l’auditoire.

Ensuite, visualisez. Avant le jour J, prenez le temps de vous imaginer en train de faire votre présentation. Visualisez-vous calme, confiant, articulant clairement vos idées, répondant aux questions avec aisance. Cette technique de visualisation positive, souvent utilisée par les sportifs de haut niveau, aide à reprogrammer votre cerveau et à réduire l’appréhension.

Enfin, entraînez-vous. Répétez à voix haute, devant un miroir, devant des collègues bienveillants, ou même devant votre chat (il est un excellent auditeur, jamais jugeant !). Chronométrez-vous, enregistrez-vous. L’objectif n’est pas de réciter par cœur, mais d’intérioriser votre discours, de le rendre fluide et naturel. Plus vous vous entraînerez, plus vous serez à l’aise avec le rythme, les pauses, les intonations. Et n’oubliez pas de préparer vos réponses aux questions potentielles. Anticiper, c’est désarmer une grande partie du stress.

 

Le jour J : techniques de dernière minute pour garder son calme (et son humour !)

 

Malgré toute la préparation du monde, le stress peut resurgir le jour de la présentation. C’est normal ! L’important est d’avoir une boîte à outils de techniques de dernière minute pour le maîtriser. Ces petites astuces peuvent faire toute la différence entre une panique passagère et une performance sereine.

La respiration est votre meilleure amie. Avant de monter sur scène ou de prendre la parole, prenez quelques grandes respirations profondes. Inspirez lentement par le nez, retenez l’air quelques secondes, puis expirez doucement par la bouche. Cette technique simple ralentit votre rythme cardiaque, calme votre système nerveux et vous aide à retrouver votre concentration. C’est une ancre, un point de retour au calme.

Le mouvement aussi. Ne restez pas figé·e. Avant de commencer, faites quelques étirements discrets, bougez vos épaules, votre nuque. Pendant la présentation, utilisez l’espace, déplacez-vous légèrement (si le format le permet). Le mouvement aide à libérer l’énergie nerveuse et à dynamiser votre présence. Si vous êtes derrière un pupitre, n’hésitez pas à utiliser vos mains pour appuyer vos propos, cela vous aidera à vous sentir plus à l’aise.

Connectez-vous à votre auditoire. Au lieu de voir les visages comme des juges potentiels, cherchez des regards bienveillants, des sourires. Établissez un contact visuel avec quelques personnes dans la salle. Cela crée une connexion humaine et vous rappelle que vous êtes là pour partager, pas pour être jugé·e. Et si vous avez un trou de mémoire, n’hésitez pas à faire une pause, à prendre une gorgée d’eau, ou à regarder vos notes. Personne ne vous en voudra. Au contraire, cela montrera votre authenticité.

 

Le trac, un ami qui vous veut du bien (si vous savez l’écouter !)

 

Le stress avant une présentation importante n’est pas une fatalité. C’est une énergie, une alerte de votre corps qui vous dit : « Attention, c’est important ! » En le comprenant, en vous préparant minutieusement et en adoptant quelques techniques de gestion de dernière minute, vous pouvez transformer cette appréhension en une force. Vous êtes des experts dans votre domaine, des passeurs de savoir. Votre auditoire est là pour apprendre de vous, pas pour vous juger (enfin, pas toujours !).

Alors, la prochaine fois que le trac pointera le bout de son nez, souriez-lui. Respirez, visualisez, préparez, et surtout, soyez vous-même. Votre authenticité est votre plus grande force. Le monde académique a besoin de votre expertise, mais aussi de votre humanité. Faites de chaque présentation une opportunité de partager votre passion, d’inspirer, et de laisser une empreinte durable. Et n’oubliez jamais : même les plus grands orateurs ont eu le trac. La différence, c’est qu’ils ont appris à danser avec lui.

Tout commence par un échange...

Christine Besneux

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.

Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.