Vous connaissez votre sujet mieux que quiconque dans cette salle. Vous avez travaillé votre dossier pendant des mois. Le jury a lu votre HDR, vos publications, vos projets pédagogiques.
Et pourtant, vous n’êtes pas sûre d’avoir convaincu. Pas sur le fond. Sur vous.
Voilà ce que beaucoup de candidates à un poste de maîtresse de conférences ou de professeure des universités m’expriment après une première audition. Le problème n’est pas l’expertise. Le problème, c’est que l’audition est une performance orale, et personne ne vous a jamais appris à vous y préparer.
Ce que le jury regarde et qui n’est pas dans votre dossier
Un comité de sélection lit votre dossier avant que vous entriez dans la pièce. Quand vous vous asseyez face à eux, il ne s’agit plus de prouver que vous êtes compétente. Il s’agit de leur donner envie de travailler avec vous.
Ce qu’ils évaluent en vous regardant parler : votre capacité à structurer un message sous pression, à tenir le temps imparti sans précipiter, à répondre aux questions sans vous déstabiliser, à occuper l’espace sans vous excuser d’être là.
Ces compétences ne sont pas innées. Elles s’acquièrent.
Les erreurs les plus fréquentes en audition MCF
Lire ses notes. La lecture est perçue comme un manque de maîtrise du sujet, même quand ce n’est pas le cas. Le jury a besoin de vous entendre parler à eux, pas de voir que vous pouvez lire un texte.
Surcharger la présentation. Dix slides pour dix minutes, c’est trop. Les données, les tableaux, les acronymes, tout ce qui oblige le jury à décoder pendant que vous parlez leur coûte de l’attention. Votre idée principale se noie.
Sur-justifier. « Je ne suis pas sûre, mais… », « Ce n’est qu’une hypothèse… », « Vous connaissez mieux que moi… » Ces formules signalent de l’insécurité, pas de la modestie. Elles fragilisent votre posture au moment où vous avez le plus besoin de crédibilité.
Ne pas préparer les questions. La séquence questions-réponses est souvent la partie la plus déterminante de l’audition. C’est là que se jouent la solidité et l’adaptabilité. Ne pas l’avoir répétée, c’est laisser le résultat au hasard.
Ce que vous devez travailler concrètement
La ligne directrice. Votre exposé doit tenir autour d’une idée centrale, pas d’une liste de travaux. Quelle est la question que vous portez ? En quoi votre trajectoire y répond ? Le jury doit pouvoir le reformuler en une phrase après que vous avez parlé.
La structure du temps. Dix minutes se décomposent. Deux minutes d’introduction qui accroche, six minutes de développement en trois temps, deux minutes de conclusion qui ouvre. Chaque minute doit être répétée à voix haute, pas seulement lue.
La voix et le corps. Une voix qui tremble n’est pas un défaut, c’est un signal de stress qui se régule avec des techniques simples. La posture en retrait, les bras croisés, le regard qui fuit les jurés, tout cela se corrige. Pas en un jour, mais avec de la répétition.
Les questions anticipées. Listez les dix questions les plus déstabilisantes qu’un jury pourrait vous poser. Entraînez-vous à y répondre à voix haute, seule, puis face à quelqu’un. C’est cet entraînement-là qui crée la mémoire musculaire.
Les dynamiques de genre dans les concours académiques
Ce n’est pas un détail. Dans les disciplines à faible mixité, les femmes candidates font face à des biais, souvent inconscients, qui touchent précisément à la prise de parole. Une assurance perçue comme de l’arrogance. Une hésitation interprétée comme un manque de maîtrise là où elle serait lue comme de la prudence chez un collègue masculin.
Se préparer à l’audition MCF, c’est aussi se préparer à naviguer dans cet espace-là avec ses propres codes, pas en adoptant des postures qui ne sont pas les siennes.
Pourquoi travailler avec quelqu’un qui connaît l’ESR
Un coach généraliste vous donnera des techniques de prise de parole. Ce dont vous avez besoin en audition MCF, c’est de quelqu’un qui connaît le format réglementaire, qui comprend les enjeux du CNU, qui sait ce qu’un comité de sélection attend et comment il évalue.
J’ai travaillé six ans dans la communication de l’enseignement supérieur et de la recherche, à Centrale Nantes. J’ai accompagné des enseignantes-chercheuses dans la préparation de leurs auditions, leurs soutenances, leurs présentations en colloque et leurs prises de parole en instances de gouvernance.
Ce que je propose n’est pas un stage de prise de parole générique. C’est un accompagnement construit autour de votre situation spécifique et de la réalité de l’ESR.
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Tout commence par un échange...
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Je rends remarquables les prises de parole des chercheuses, managers et dirigeantes. Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication. |
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