Convaincre un comité de direction, sensibiliser des équipes, ou inspirer des partenaires sur les enjeux de la Responsabilité Sociétale des Entreprises demande bien plus qu’une simple maîtrise technique. Cela exige un art, celui de la prise de parole professionnelle, capable de toucher le cœur et l’esprit, de transformer des concepts parfois abstraits en actions concrètes et enthousiasmantes. Loin des discours soporifiques et de la langue de bois, vous avez le pouvoir de faire de chaque intervention un moment mémorable, un levier de changement.
Au-delà des chiffres : l’émotion, votre alliée la plus puissante
Dans le conseil RSE, on a souvent le réflexe de se réfugier derrière les chiffres, les normes, les réglementations. C’est légitime ! Votre expertise repose sur des faits, des analyses, des données solides. Mais pour réussir votre prise de parole, surtout quand il s’agit de susciter l’adhésion à une démarche RSE, il faut aller au-delà de la simple transmission d’informations. Il faut créer une connexion, provoquer une émotion. Les décisions, même les plus rationnelles, sont souvent influencées par nos émotions. Un auditoire connecté à votre cause, qui comprend l’urgence de votre mission et qui est inspiré par votre passion, sera bien plus enclin à vous suivre.
Votre rôle de consultant RSE est de donner du sens, de montrer comment les actions concrètes que vous proposez vont impacter positivement l’entreprise, ses collaborateurs, ses clients, et la planète. Ne sous-estimez jamais le pouvoir d’une histoire bien racontée.
Le storytelling est votre meilleur ami. Il permet de rendre tangibles des concepts abstraits, de transformer des statistiques en récits humains. Pensez aux grands orateurs : ils ne se contentent pas de débiter des faits, ils tissent des histoires qui résonnent avec les valeurs et les préoccupations de leur public. Un bon récit peut faire passer un message complexe avec une simplicité désarmante, et surtout, il est mémorable. Les gens oublieront peut-être vos chiffres, mais ils se souviendront de l’émotion que vous leur avez fait ressentir.
Lors d’une présentation à un comité de direction, commencer par une série de slides très denses sur les émissions de CO2 et les méthodologies de calcul risques de crisper quelque peu l’auditoire… Par contre, commencer en racontant, par exemple, l’histoire d’une petite entreprise locale qui, grâce à des mesures simples d’efficacité énergétique, a non seulement réduit son empreinte carbone, mais aussi réalisé des économies substantielles et motivé ses employés est autrement plus séduisant.
L’impact se raconte d’abord par l’humain, avant les chiffres. C’est un peu comme la cuisine : on peut avoir les meilleurs ingrédients (les données), mais si on ne sait pas les assembler avec passion (l’émotion), le plat (le message) sera fade.
La clarté et la concision : le luxe de l’éloquence
Les dirigeants sont sollicités de toutes parts, et leur capacité d’attention est limitée. Votre capacité à être clair·e, concis·e et percutant·e est donc une compétence essentielle. Évitez le jargon technique, les acronymes à rallonge et les phrases alambiquées. Votre objectif est de simplifier, pas de complexifier. Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry : « La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. »
Préparez votre message clé. Quel est le point essentiel que vous voulez que votre auditoire retienne ? Formulez-le en une phrase simple et mémorable. Ensuite, construisez votre argumentaire autour de ce message, en utilisant des exemples concrets et des illustrations parlantes. La structure de votre intervention doit être limpide : annoncez ce que vous allez dire, dites-le, puis résumez ce que vous avez dit. C’est la règle d’or de la communication efficace. Pensez à la méthode de l’« elevator pitch » : seriez-vous capable de présenter l’essence de votre proposition RSE en quelques secondes, le temps d’une montée en ascenseur ? Si la réponse est non, c’est que votre message n’est pas encore assez affûté.
La concision ne signifie pas superficialité. Au contraire, elle est le fruit d’un travail de fond, d’une profonde compréhension de votre sujet. C’est en maîtrisant parfaitement votre expertise que vous pourrez en extraire l’essentiel et le présenter de manière accessible. N’ayez pas peur de faire des pauses, de laisser le temps à votre auditoire d’assimiler l’information. Le silence peut être un outil puissant pour marquer un point important. Et surtout, n’oubliez pas que la communication est un échange. Laissez de la place aux questions, aux interactions. Un bon orateur n’est pas celui qui parle le plus, mais celui qui est le mieux compris.
Un jour, j’ai assisté à une conférence où l’orateur, un expert en développement durable, a commencé sa présentation en disant : « Je vais vous parler de l’économie circulaire. Mais avant, je voudrais que vous imaginiez… » et il a raconté une histoire courte et percutante sur le cycle de vie d’un objet du quotidien. En moins de deux minutes, il avait captivé l’attention de tous et introduit un concept complexe de manière ludique. Il a ensuite déroulé ses arguments techniques, mais le public était déjà conquis. La preuve qu’une introduction bien pensée, claire et concise, peut faire des merveilles. Pour des conseils sur la clarté et la concision, le Projet Voltaire propose d’excellents articles sur l’éloquence et la prise de parole en public, comme cet article sur les 10 conseils pour améliorer votre éloquence.
L’authenticité et la crédibilité : vos atouts majeurs
En tant que consultant RSE, votre crédibilité est votre capital le plus précieux. Vous êtes là pour conseiller, pour guider, pour inspirer confiance. Et cette confiance se construit sur l’authenticité. N’essayez pas d’être quelqu’un que vous n’êtes pas. Votre personnalité, votre parcours, vos convictions sont des atouts. L’auditoire sentira si vous êtes sincère ou si vous récitez un rôle. Soyez vous-même, avec vos forces et vos vulnérabilités. C’est ce qui vous rendra humain et accessible.
La crédibilité passe aussi par la maîtrise de votre sujet. Vous êtes l’expert, et cela doit transparaître dans votre discours. Soyez précis, utilisez des données fiables, citez vos sources. Mais attention, la crédibilité ne se limite pas à l’expertise technique. Elle englobe aussi votre capacité à écouter, à comprendre les préoccupations de votre auditoire, à répondre à leurs objections avec respect et pertinence. Pédagogue, facilitateur·ice et surtout pas donneur de leçons.
N’hésitez pas à partager vos propres expériences, vos succès, mais aussi vos échecs. Les anecdotes personnelles peuvent renforcer votre authenticité et créer un lien avec votre public. Elles montrent que vous parlez pratique, pas seulement théorie.
Par exemple, avouer avec humour que vous avez eu du mal à convaincre votre propre famille de trier leurs déchets va créer une connivence avec le public, qui se sentira moins seul face aux défis de la transition écologique. Une touche d’humilité et d’authenticité peut ouvrir bien des portes.
Le langage non-verbal : quand le corps parle plus fort que les mots
Votre prise de parole ne se limite pas à ce que vous dites. Elle est aussi, et parfois surtout, ce que vous ne dites pas. Votre langage corporel, votre voix, votre regard… tous ces éléments non-verbaux envoient des messages puissants à votre auditoire. Et ils peuvent soit renforcer, soit contredire votre discours. Maîtriser ces codes est essentiel pour une communication professionnelle réussie.
La posture, les gestes, le regard et la voix sont les quatre piliers de votre communication non-verbale. Une posture droite et ouverte projette la confiance. Des gestes naturels et amples renforcent votre message. Un regard qui balaie l’auditoire et se pose sur différentes personnes crée une connexion. Une voix qui varie en intonation, en rythme et en volume maintient l’attention.
Votre voix, un levier pour un monde meilleur
La prise de parole professionnelle n’est pas un don inné, c’est une compétence qui se travaille, se peaufine, se perfectionne. En maîtrisant l’art de l’émotion, de la clarté, de l’authenticité et du langage non-verbal, vous transformez chaque intervention en une opportunité de faire avancer la cause de la RSE.
Osez être passionné, osez être clair, osez être vous-même. Faites de votre prise de parole un moment d’échange authentique, un catalyseur d’action.
Tout commence par un échange...

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.
Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.