Les anecdotes créent le lien dans les pitchs pour un effet « Wouahou ! »

Les anecdotes créent le lien dans les pitchs pour un effet « Wouahou ! »

Votre startup développe un produit génial, vous avez une équipe de choc, et des chiffres qui feraient pâlir d’envie la Silicon Valley. Mais avouons-le, quand vient le moment de pitcher devant des investisseurs ou des partenaires, la pression monte. Votre pitch est techniquement irréprochable, votre business plan tient la route, mais il manque cette étincelle, ce petit truc en plus qui transforme une simple présentation en un moment mémorable. Vous savez, ce moment où l’auditoire se penche en avant, un sourire aux lèvres, et se dit : « Ah oui, là, je comprends tout ! » Ce « truc en plus », c’est l’anecdote.

Loin d’être un simple interlude divertissant, elle est une arme de persuasion massive, un pont émotionnel qui relie votre histoire à l’expérience humaine de votre interlocuteur. Dans l’univers parfois aride de la finance et des KPI, elle est le grain de sel qui donne du goût, le piment qui réveille. Elle humanise votre startup, incarne votre mission, et surtout, elle crée un lien indéfectible.

On n’investit pas seulement dans une idée, on investit dans une aventure humaine. Et quelle meilleure façon de raconter une aventure qu’avec une bonne histoire ?

 

Pourquoi une petite histoire vaut mille slides

 

Vous avez passé des heures à peaufiner vos slides. C’est essentiel, bien sûr. Mais soyons honnêtes : un tableau Excel, aussi beau soit-il, n’a jamais fait pleurer personne. Or, les décisions sont rarement purement rationnelles. Elles sont souvent teintées, voire dictées, par l’émotion. C’est là que l’anecdote entre en scène, tel un super-héros masqué, prêt à sauver votre pitch de l’ennui mortel.

L’anecdote a trois super-pouvoirs :

  • elle humanise votre projet (le rêve derrière l’algorithme),
  • elle simplifie un concept complexe (une technologie de rupture expliquée par un exemple concret),
  • et surtout, elle est mémorable.

Notre cerveau est programmé pour retenir les histoires, pas les listes à puces. Des années après, vos investisseurs se souviendront de l’histoire de la soirée arrosée, bien avant le taux de croissance trimestriel.

Imaginez la scène : vous êtes le cinquième pitch de la journée. Les investisseurs ont les yeux qui piquent. Et là, au lieu d’attaquer par le classique « Bonjour, nous sommes X et nous faisons Y », vous commencez par un « Il y a trois ans, j’étais dans mon garage, et j’ai failli mettre le feu à ma maison en essayant de… » Boom ! Vous avez leur attention. Vous avez créé le lien.

Mais attention, l’anecdote doit être bien choisie. Elle doit servir votre propos, et non le parasiter. Elle n’est pas là pour vous faire passer pour un clown, mais pour souligner la profondeur de votre conviction, l’origine de votre idée, ou la résilience de votre équipe. Elle doit être le point de départ, le déclencheur de l’histoire que vous allez raconter.

 

L’étincelle : comment les grandes idées naissent (souvent) dans le chaos

 

Comment trouver cette perle rare, cette anecdote qui va faire le job ? La clé réside dans l’équilibre entre la vérité et la théâtralité. Elle doit être vraie, car la crédibilité est non négociable. Mais elle doit être racontée avec un sens aigu du spectacle. Après tout, vous êtes sur scène.

L’anecdote idéale se trouve souvent à la croisée de trois chemins : l’Origine de l’Idée (le « Aha moment »), l’Épreuve (le « presque échec » qui montre votre résilience), et le Client (la « victoire inattendue » qui prouve votre valeur).

Le cofondateur d’eTerritoire, Jules Dulauroy, a raconté que l’idée de son entreprise lui est venue… après une soirée très arrosée. Je cite : « C’est à la suite d’une soirée très arrosée et donc avec un gros mal de crâne que nous avons eu l’idée de lancer notre idée… Il faut donc boire avec modération… ou pas! » Voilà une anecdote qui crée immédiatement la connivence. Elle est drôle, inattendue, et montre que les grandes idées peuvent naître dans les moments les plus humains. Elle dit, sans le dire : « Nous sommes comme vous, avec nos faiblesses, mais nous avons eu une idée géniale. »

Autre exemple, celui de Simon Tripnaux, cofondateur d’Aksebo, qui a mis son site en ligne « sur un coup de tête » Deux jours plus tard, il y avait déjà une dizaine de commandes. Cette anecdote, courte et percutante, illustre parfaitement l’intuition et la rapidité d’exécution, deux qualités que les investisseurs adorent. Elle montre que l’idée était si simple et si bonne qu’elle n’avait pas besoin d’une étude de marché de six mois pour être validée.

Pour que l’anecdote soit « croustillante », n’hésitez pas à y mettre du détail sensoriel, de la surprise, et une chute bien placée. Le secret, c’est de la répéter jusqu’à ce qu’elle sonne naturelle, comme si elle vous échappait.

 

Les rituels d’équipe : la preuve que vous êtes une aventure humaine

 

Les anecdotes ne sont pas toujours des récits longs et complexes. Elles peuvent aussi être de petites touches, des rituels, des expressions qui en disent long sur la culture de votre entreprise. Ces détails sont cruciaux pour les startups, car ils montrent que vous n’êtes pas qu’une simple coquille vide, mais une entité vivante, avec une âme.

Julien Deveaux, cofondateur de Cotton Track, a partagé un rituel amusant : le « termsheet cookie ». Chaque fois qu’ils obtenaient un nouveau « termsheet » (une proposition d’investissement), ils célébraient cela avec un cookie. Ce n’est pas une anecdote qui raconte l’origine de l’idée, mais elle raconte quelque chose de tout aussi important : la manière dont l’équipe célèbre ses victoires, sa culture d’entreprise, son côté humain et décontracté. Devant un investisseur, mentionner ce genre de rituel est un signal fort : « Nous sommes sérieux, mais nous savons nous amuser et valoriser les étapes franchies. »

Votre exercice consiste à dénicher ces petites pépites dans votre propre histoire. Quel est le rituel qui vous définit ? Quelle est la phrase culte qui fait rire votre équipe ? Ces moments sont vos munitions. Ils sont la preuve vivante que vous êtes prêts à aller au combat, mais avec le sourire.

 

Le côté obscur de l’anecdote

 

Comme toute arme puissante, l’anecdote mal utilisée peut se retourner contre vous. Voici quelques pièges classiques à éviter, car un pitch raté à cause d’une anecdote mal calibrée, c’est un peu comme rater un gâteau à cause d’une pincée de sel de trop : frustrant et inutile.

Le premier piège est l’anecdote trop longue.

C’est le péché capital. Votre pitch est chronométré. Une anecdote qui s’étire en longueur, qui perd son chemin dans des détails inutiles, est une catastrophe. Elle doit être courte, percutante, et servir de tremplin. Si elle prend plus de 30 secondes, coupez.

Le deuxième est l’anecdote non pertinente

Elle doit être directement liée à votre produit, votre marché, votre mission ou votre équipe. Si vous racontez votre dernière mésaventure en vacances, vous perdez votre temps et l’attention de votre auditoire.

Le troisième concerne l’authenticité et la crédibilité

Évitez tout ce qui pourrait laisser penser que vous n’êtes pas sérieux, que vous manquez de professionnalisme, ou que vous avez pris des risques inconsidérés. L’histoire du « gros mal de crâne » de Jules Dulauroy fonctionne parce qu’elle est drôle et qu’elle a une chute positive (l’idée business). Une histoire de négligence ou de mauvaise gestion, par contre, est à proscrire. De même, l’anecdote doit être vérifiable, car si vous inventez une histoire, vous risquez de détruire votre crédibilité en un instant. L’authenticité est votre bouclier.

Devenez le conteur que votre startup mérite

 

Votre startup est bien plus qu’un ensemble de lignes de code ou un bilan financier. C’est une histoire. Et votre rôle, en tant que fondateur, n’est pas seulement d’être le CEO, mais aussi le « Chief Storytelling Officer ».

Les anecdotes sont les perles de votre collier narratif. Elles sont les moments de vérité qui font que les gens se souviennent de vous, qu’ils se sentent connectés à votre mission, et qu’ils ont envie de vous suivre dans votre folle aventure. En maîtrisant l’art de l’anecdote croustillante, pertinente et bien racontée, vous transformez un pitch technique en une expérience humaine. Vous ne demandez plus un financement, vous proposez une place dans une épopée.

Pour trouver vos anecdotes, creusez dans vos souvenirs, parlez à votre équipe, dénichez ces moments de grâce, de galère, ou de rire qui font l’ADN de votre entreprise. Faites-les briller, et vous verrez que l’effet « Wouahou » n’est jamais loin. À vous de jouer !

Tout commence par un échange...

Christine Besneux

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.

Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.

Réussir sa prise de parole professionnelle en conseil RSE

Réussir sa prise de parole professionnelle en conseil RSE

Convaincre un comité de direction, sensibiliser des équipes, ou inspirer des partenaires sur les enjeux de la Responsabilité Sociétale des Entreprises demande bien plus qu’une simple maîtrise technique. Cela exige un art, celui de la prise de parole professionnelle, capable de toucher le cœur et l’esprit, de transformer des concepts parfois abstraits en actions concrètes et enthousiasmantes. Loin des discours soporifiques et de la langue de bois, vous avez le pouvoir de faire de chaque intervention un moment mémorable, un levier de changement. 

 

Au-delà des chiffres : l’émotion, votre alliée la plus puissante

 

Dans le conseil RSE, on a souvent le réflexe de se réfugier derrière les chiffres, les normes, les réglementations. C’est légitime ! Votre expertise repose sur des faits, des analyses, des données solides. Mais pour réussir votre prise de parole, surtout quand il s’agit de susciter l’adhésion à une démarche RSE, il faut aller au-delà de la simple transmission d’informations. Il faut créer une connexion, provoquer une émotion. Les décisions, même les plus rationnelles, sont souvent influencées par nos émotions. Un auditoire connecté à votre cause, qui comprend l’urgence de votre mission et qui est inspiré par votre passion, sera bien plus enclin à vous suivre.

Votre rôle de consultant RSE est de donner du sens, de montrer comment les actions concrètes que vous proposez vont impacter positivement l’entreprise, ses collaborateurs, ses clients, et la planète. Ne sous-estimez jamais le pouvoir d’une histoire bien racontée.

Le storytelling est votre meilleur ami. Il permet de rendre tangibles des concepts abstraits, de transformer des statistiques en récits humains. Pensez aux grands orateurs : ils ne se contentent pas de débiter des faits, ils tissent des histoires qui résonnent avec les valeurs et les préoccupations de leur public. Un bon récit peut faire passer un message complexe avec une simplicité désarmante, et surtout, il est mémorable. Les gens oublieront peut-être vos chiffres, mais ils se souviendront de l’émotion que vous leur avez fait ressentir.

Lors d’une présentation à un comité de direction, commencer par une série de slides très denses sur les émissions de CO2 et les méthodologies de calcul risques de crisper quelque peu l’auditoire… Par contre, commencer en racontant, par exemple, l’histoire d’une petite entreprise locale qui, grâce à des mesures simples d’efficacité énergétique, a non seulement réduit son empreinte carbone, mais aussi réalisé des économies substantielles et motivé ses employés est autrement plus séduisant.

L’impact se raconte d’abord par l’humain, avant les chiffres. C’est un peu comme la cuisine : on peut avoir les meilleurs ingrédients (les données), mais si on ne sait pas les assembler avec passion (l’émotion), le plat (le message) sera fade.

 

La clarté et la concision : le luxe de l’éloquence

 

Les dirigeants sont sollicités de toutes parts, et leur capacité d’attention est limitée. Votre capacité à être clair·e, concis·e et percutant·e est donc une compétence essentielle. Évitez le jargon technique, les acronymes à rallonge et les phrases alambiquées. Votre objectif est de simplifier, pas de complexifier. Comme le disait Antoine de Saint-Exupéry : « La perfection est atteinte, non pas lorsqu’il n’y a plus rien à ajouter, mais lorsqu’il n’y a plus rien à retirer. »

Préparez votre message clé. Quel est le point essentiel que vous voulez que votre auditoire retienne ? Formulez-le en une phrase simple et mémorable. Ensuite, construisez votre argumentaire autour de ce message, en utilisant des exemples concrets et des illustrations parlantes. La structure de votre intervention doit être limpide : annoncez ce que vous allez dire, dites-le, puis résumez ce que vous avez dit. C’est la règle d’or de la communication efficace. Pensez à la méthode de l’« elevator pitch » : seriez-vous capable de présenter l’essence de votre proposition RSE en quelques secondes, le temps d’une montée en ascenseur ? Si la réponse est non, c’est que votre message n’est pas encore assez affûté.

La concision ne signifie pas superficialité. Au contraire, elle est le fruit d’un travail de fond, d’une profonde compréhension de votre sujet. C’est en maîtrisant parfaitement votre expertise que vous pourrez en extraire l’essentiel et le présenter de manière accessible. N’ayez pas peur de faire des pauses, de laisser le temps à votre auditoire d’assimiler l’information. Le silence peut être un outil puissant pour marquer un point important. Et surtout, n’oubliez pas que la communication est un échange. Laissez de la place aux questions, aux interactions. Un bon orateur n’est pas celui qui parle le plus, mais celui qui est le mieux compris.

Un jour, j’ai assisté à une conférence où l’orateur, un expert en développement durable, a commencé sa présentation en disant : « Je vais vous parler de l’économie circulaire. Mais avant, je voudrais que vous imaginiez… » et il a raconté une histoire courte et percutante sur le cycle de vie d’un objet du quotidien. En moins de deux minutes, il avait captivé l’attention de tous et introduit un concept complexe de manière ludique. Il a ensuite déroulé ses arguments techniques, mais le public était déjà conquis. La preuve qu’une introduction bien pensée, claire et concise, peut faire des merveilles. Pour des conseils sur la clarté et la concision, le Projet Voltaire propose d’excellents articles sur l’éloquence et la prise de parole en public, comme cet article sur les 10 conseils pour améliorer votre éloquence.

 

L’authenticité et la crédibilité : vos atouts majeurs

 

En tant que consultant RSE, votre crédibilité est votre capital le plus précieux. Vous êtes là pour conseiller, pour guider, pour inspirer confiance. Et cette confiance se construit sur l’authenticité. N’essayez pas d’être quelqu’un que vous n’êtes pas. Votre personnalité, votre parcours, vos convictions sont des atouts. L’auditoire sentira si vous êtes sincère ou si vous récitez un rôle. Soyez vous-même, avec vos forces et vos vulnérabilités. C’est ce qui vous rendra humain et accessible.

La crédibilité passe aussi par la maîtrise de votre sujet. Vous êtes l’expert, et cela doit transparaître dans votre discours. Soyez précis, utilisez des données fiables, citez vos sources. Mais attention, la crédibilité ne se limite pas à l’expertise technique. Elle englobe aussi votre capacité à écouter, à comprendre les préoccupations de votre auditoire, à répondre à leurs objections avec respect et pertinence. Pédagogue, facilitateur·ice et surtout pas donneur de leçons.

N’hésitez pas à partager vos propres expériences, vos succès, mais aussi vos échecs. Les anecdotes personnelles peuvent renforcer votre authenticité et créer un lien avec votre public. Elles montrent que vous parlez pratique, pas seulement théorie.

Par exemple, avouer avec humour que vous avez eu du mal à convaincre votre propre famille de trier leurs déchets va créer une connivence avec le public, qui se sentira moins seul face aux défis de la transition écologique. Une touche d’humilité et d’authenticité peut ouvrir bien des portes.

 

Le langage non-verbal : quand le corps parle plus fort que les mots

 

Votre prise de parole ne se limite pas à ce que vous dites. Elle est aussi, et parfois surtout, ce que vous ne dites pas. Votre langage corporel, votre voix, votre regard… tous ces éléments non-verbaux envoient des messages puissants à votre auditoire. Et ils peuvent soit renforcer, soit contredire votre discours. Maîtriser ces codes est essentiel pour une communication professionnelle réussie.

La posture, les gestes, le regard et la voix sont les quatre piliers de votre communication non-verbale. Une posture droite et ouverte projette la confiance. Des gestes naturels et amples renforcent votre message. Un regard qui balaie l’auditoire et se pose sur différentes personnes crée une connexion. Une voix qui varie en intonation, en rythme et en volume maintient l’attention.

 

Votre voix, un levier pour un monde meilleur

 

La prise de parole professionnelle n’est pas un don inné, c’est une compétence qui se travaille, se peaufine, se perfectionne. En maîtrisant l’art de l’émotion, de la clarté, de l’authenticité et du langage non-verbal, vous transformez chaque intervention en une opportunité de faire avancer la cause de la RSE.

Osez être passionné, osez être clair, osez être vous-même. Faites de votre prise de parole un moment d’échange authentique, un catalyseur d’action.

Tout commence par un échange...

Christine Besneux

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.

Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.

Gérer le stress avant une présentation importante, guide de survie de l’enseignant-chercheur

Gérer le stress avant une présentation importante, guide de survie de l’enseignant-chercheur

Avouons-le : même après des années à jongler entre cours magistraux, séminaires et colloques, ce petit pincement au ventre avant une présentation cruciale persiste, n’est-ce pas ? Devant des étudiants, des pairs exigeants ou un jury de thèse, le stress peut transformer un échange scientifique en épreuve. Mais rassurez-vous, vous n’êtes pas seul·es ! Ce trac, cette boule au ventre, ces mains moites, sont des compagnons de route connus de tous les orateur·ices, même les plus aguerris. Loin d’être un signe de faiblesse, c’est une réaction humaine normale face à l’enjeu. L’objectif n’est pas de l’éradiquer, mais de l’apprivoiser, de le transformer en allié. 

Comprendre le stress : votre cerveau n’est pas votre ennemi (enfin, pas toujours !)

 

Avant de gérer le stress, il est essentiel de le comprendre. C’est une réaction physiologique et psychologique de votre corps face à une situation perçue comme menaçante ou exigeante. Devant une présentation, votre cerveau reptilien, celui des instincts de survie, se met en mode « combat ou fuite ». Adrénaline, cortisol… un cocktail explosif garanti ! Cœur qui bat la chamade, mains moites, bouche sèche, esprit qui s’emballe ou se vide…

Tous ces symptômes indiquent que votre corps se prépare à l’action. Et c’est une bonne nouvelle ! Cela signifie que vous êtes vivant, que vous vous souciez de ce que vous faites, et que vous avez envie de bien faire. Le stress n’est pas intrinsèquement mauvais ; il peut même être un moteur, un « bon stress » qui aiguise votre concentration et votre réactivité. Le problème survient quand il devient excessif, paralysant, et qu’il vous empêche de donner le meilleur de vous-même.

Pour les enseignants-chercheurs, la pression est souvent double. D’une part, l’exigence académique : rigueur scientifique, peur de l’erreur, jugement des pairs. D’autre part, l’enjeu pédagogique : capter l’attention d’un auditoire parfois blasé, transmettre des concepts complexes avec clarté, inspirer. Cette combinaison peut être un véritable nid à stress. L’Université de Laval (Canada) souligne que l’évitement des présentations publiques est la mère de l’anxiété. Plus on évite, plus la peur grandit. Il est donc crucial de ne pas fuir ces situations, mais de les affronter avec les bonnes stratégies.

J’ai un jour assisté à une conférence où un professeur émérite, réputé pour son calme olympien, a eu un trou de mémoire monumental en plein milieu de sa présentation. Le silence dans la salle était assourdissant. Après quelques secondes qui ont semblé une éternité, il a souri, a pris une grande inspiration et a lancé avec un humour déconcertant : « Eh bien, il semblerait que mon cerveau ait décidé de prendre une petite pause café ! Permettez-moi de le réveiller… » Il a ensuite repris le fil de son discours avec une aisance retrouvée, gagnant au passage la sympathie de toute l’audience.

Cette anecdote illustre parfaitement qu’une petite dose d’autodérision peut désamorcer n’importe quelle situation stressante. L’important n’est pas de ne jamais trébucher, mais de savoir se relever avec panache !

 

La préparation, votre meilleure alliée anti-stress (et anti-gaffes !)

 

On dit souvent que la préparation est la clé du succès. Pour gérer le stress avant une présentation, c’est une vérité d’évangile (ou presque). Une préparation minutieuse ne garantit pas l’absence totale de stress, mais elle réduit considérablement l’incertitude, et donc l’anxiété. Connaître son sujet sur le bout des doigts, c’est la base. Mais pour un enseignant-chercheur, cela va bien au-delà de la simple maîtrise du contenu scientifique. Il s’agit de structurer son propos, de visualiser sa présentation, et de s’entraîner, encore et encore.

Commencez par la structure. Un plan clair, logique, avec une introduction accrocheuse, un développement bien articulé et une conclusion percutante, est un filet de sécurité. Utilisez des intertitres, des transitions fluides, et assurez-vous que votre message principal est limpide. Pensez à votre auditoire : quel est son niveau de connaissance ? Quels sont ses centres d’intérêt ? Comment pouvez-vous rendre votre sujet complexe accessible et passionnant ? La clarté est une forme de bienveillance. Une présentation bien structurée est une présentation qui rassure, tant l’orateur que l’auditoire.

Ensuite, visualisez. Avant le jour J, prenez le temps de vous imaginer en train de faire votre présentation. Visualisez-vous calme, confiant, articulant clairement vos idées, répondant aux questions avec aisance. Cette technique de visualisation positive, souvent utilisée par les sportifs de haut niveau, aide à reprogrammer votre cerveau et à réduire l’appréhension.

Enfin, entraînez-vous. Répétez à voix haute, devant un miroir, devant des collègues bienveillants, ou même devant votre chat (il est un excellent auditeur, jamais jugeant !). Chronométrez-vous, enregistrez-vous. L’objectif n’est pas de réciter par cœur, mais d’intérioriser votre discours, de le rendre fluide et naturel. Plus vous vous entraînerez, plus vous serez à l’aise avec le rythme, les pauses, les intonations. Et n’oubliez pas de préparer vos réponses aux questions potentielles. Anticiper, c’est désarmer une grande partie du stress.

 

Le jour J : techniques de dernière minute pour garder son calme (et son humour !)

 

Malgré toute la préparation du monde, le stress peut resurgir le jour de la présentation. C’est normal ! L’important est d’avoir une boîte à outils de techniques de dernière minute pour le maîtriser. Ces petites astuces peuvent faire toute la différence entre une panique passagère et une performance sereine.

La respiration est votre meilleure amie. Avant de monter sur scène ou de prendre la parole, prenez quelques grandes respirations profondes. Inspirez lentement par le nez, retenez l’air quelques secondes, puis expirez doucement par la bouche. Cette technique simple ralentit votre rythme cardiaque, calme votre système nerveux et vous aide à retrouver votre concentration. C’est une ancre, un point de retour au calme.

Le mouvement aussi. Ne restez pas figé·e. Avant de commencer, faites quelques étirements discrets, bougez vos épaules, votre nuque. Pendant la présentation, utilisez l’espace, déplacez-vous légèrement (si le format le permet). Le mouvement aide à libérer l’énergie nerveuse et à dynamiser votre présence. Si vous êtes derrière un pupitre, n’hésitez pas à utiliser vos mains pour appuyer vos propos, cela vous aidera à vous sentir plus à l’aise.

Connectez-vous à votre auditoire. Au lieu de voir les visages comme des juges potentiels, cherchez des regards bienveillants, des sourires. Établissez un contact visuel avec quelques personnes dans la salle. Cela crée une connexion humaine et vous rappelle que vous êtes là pour partager, pas pour être jugé·e. Et si vous avez un trou de mémoire, n’hésitez pas à faire une pause, à prendre une gorgée d’eau, ou à regarder vos notes. Personne ne vous en voudra. Au contraire, cela montrera votre authenticité.

 

Le trac, un ami qui vous veut du bien (si vous savez l’écouter !)

 

Le stress avant une présentation importante n’est pas une fatalité. C’est une énergie, une alerte de votre corps qui vous dit : « Attention, c’est important ! » En le comprenant, en vous préparant minutieusement et en adoptant quelques techniques de gestion de dernière minute, vous pouvez transformer cette appréhension en une force. Vous êtes des experts dans votre domaine, des passeurs de savoir. Votre auditoire est là pour apprendre de vous, pas pour vous juger (enfin, pas toujours !).

Alors, la prochaine fois que le trac pointera le bout de son nez, souriez-lui. Respirez, visualisez, préparez, et surtout, soyez vous-même. Votre authenticité est votre plus grande force. Le monde académique a besoin de votre expertise, mais aussi de votre humanité. Faites de chaque présentation une opportunité de partager votre passion, d’inspirer, et de laisser une empreinte durable. Et n’oubliez jamais : même les plus grands orateurs ont eu le trac. La différence, c’est qu’ils ont appris à danser avec lui.

Tout commence par un échange...

Christine Besneux

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.

Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.

Comment convaincre un comité de direction sur la RSE

Comment convaincre un comité de direction sur la RSE

Vous êtes au cœur de la machine économique, là où les décisions se prennent et où l’avenir se dessine et vous portez la Responsabilité Sociétale de votre Entreprises (RSE). Ce n’est plus un simple mot à la mode, ni une contrainte réglementaire ennuyeuse mais une boussole stratégique, un levier de performance et, osons le dire, une sacrée opportunité de faire rimer business avec bien commun. Mais comment transformer cette conviction en action concrète au sein de votre comité de direction ? Comment faire passer le message que la RSE n’est pas un coût, mais un investissement ? Que ce n’est pas une lubie de bobo écolo, mais une nécessité économique et humaine ? Voici des clés pour devenir le parfait ambassadeur de la RSE, celui qui touche le cœur et l’esprit de ses pairs, sans jamais tomber dans la langue de bois. Prêt à faire de votre entreprise un modèle d’engagement ? C’est parti !

La RSE, bien plus qu’une case à cocher : un avantage stratégique

 

Soyons honnêtes, le mot « RSE » peut parfois faire grincer des dents. On l’associe à des rapports interminables, à des contraintes administratives, voire à du « greenwashing » un peu hypocrite. Mais c’est une vision dépassée, et votre première mission est de déconstruire ces préjugés.

La RSE, ce n’est pas une simple case à cocher sur un formulaire, c’est un véritable avantage stratégique. Et pour convaincre, il faut parler le langage de vos interlocuteurs : celui des chiffres, de la performance et de la pérennité. Une démarche RSE bien menée se traduit par une meilleure performance financière, comme le démontrent de nombreuses études. France Stratégie a par exemple mis en lumière un gain de performance de 13% en moyenne pour les entreprises engagées. Cet argument de poids saura capter l’attention de votre directeur financier.

Au-delà du gain financier direct, la RSE est un formidable outil de gestion des risques. En anticipant les réglementations, en sécurisant vos chaînes d’approvisionnement et en soignant votre réputation, vous bâtissez une forteresse contre les crises futures. C’est une véritable assurance pour la pérennité de l’entreprise. Enfin, dans un contexte de guerre des talents, une politique RSE ambitieuse est un aimant à talents. Les nouvelles générations, en quête de sens, sont particulièrement sensibles aux entreprises qui partagent leurs valeurs. Attirer et retenir les meilleurs, tout en stimulant l’engagement et la productivité de vos équipes, voilà une promesse qui parlera à tous les membres de votre direction.

L’histoire de Patagonia est un cas d’école. En 1996, l’entreprise a décidé de basculer toute sa production de coton en coton 100% biologique. Un pari risqué à l’époque, qui a entraîné une augmentation des coûts de production. Mais Yvon Chouinard, le fondateur, a tenu bon. Résultat ? Patagonia est devenue une marque iconique, adulée par ses clients, et sa croissance a été exponentielle. La preuve que l’engagement peut être un formidable moteur de business.

 

L’art de la persuasion : adapter son discours à son auditoire

 

Vous êtes convaincu·e, c’est bien. Mais comment transmettre cette conviction à des dirigeant·es qui ont des préoccupations différentes des vôtres ? L’erreur serait de vouloir imposer votre vision. L’art de la persuasion, c’est de comprendre les motivations de chacun et d’adapter votre discours. Un comité de direction est un écosystème complexe, avec des personnalités et des priorités variées. À vous de jouer les caméléons !

  • Pour le directeur·ice financier, parlez retour sur investissement, réduction des coûts, accès à de nouveaux marchés et valorisation de l’entreprise. Démontrez, chiffres à l’appui, que la RSE est un investissement rentable.
  • Face au directeur·ice des ressources humaines, mettez en avant l’impact sur la marque employeur, l’engagement des collaborateurs, la réduction du turnover et le bien-être au travail. Expliquez comment la RSE peut transformer la culture d’entreprise et attirer les talents de demain.
  • Avec le directeur·ice marketing et commercial, insistez sur le renforcement de la réputation, la fidélisation client et la conquête de nouveaux marchés grâce à une image de marque engagée.
  • Pour le directeur·ice des opérations, parlez d’éco-conception, d’économie circulaire, de réduction des déchets et d’optimisation de la chaîne d’approvisionnement.
  • Enfin, pour le dirigeant·e de PME, souvent plus sensible aux valeurs et à l’ancrage territorial, montrez comment la RSE peut renforcer les liens avec la communauté locale et donner du sens à son projet entrepreneurial.

De la parole aux actes : construire un plan d’action crédible

 

Convaincre, c’est bien. Agir, c’est mieux. Votre discours ne sera crédible que s’il est accompagné d’un plan d’action concret, réaliste et mesurable. Il ne s’agit pas de révolutionner l’entreprise du jour au lendemain, mais de poser les premières pierres d’une démarche solide et pérenne.

Commencez par un état des lieux honnête de vos pratiques actuelles pour identifier vos forces et faiblesses. Ensuite, définissez des priorités claires en lien avec votre secteur et les attentes de vos parties prenantes. Fixez-vous des objectifs SMART (Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporellement définis), comme « réduire notre consommation d’énergie de 10% d’ici 2 ans ». Mettez en place des indicateurs de suivi pour mesurer vos progrès et ajuster votre trajectoire.

Enfin, et c’est crucial, impliquez vos équipes ! La RSE est un projet d’entreprise qui doit mobiliser toutes les énergies. Créez un comité de pilotage, organisez des ateliers de sensibilisation et communiquez sur vos avancées pour faire de chaque collaborateur un ambassadeur de votre démarche.

Anecdote croustillante : La MAIF est un exemple inspirant d’entreprise qui a su mobiliser ses équipes autour de la RSE. En 2020, elle est devenue la première grande entreprise française à devenir « société à mission ». Cette transformation n’a pas été imposée d’en haut, mais co-construite avec les salariés, les sociétaires et les élus. Un bel exemple de démocratie d’entreprise au service de l’engagement.

 

Osez l’engagement, vous ne le regretterez pas !

 

Convaincre un comité de direction sur la RSE n’est pas une mince affaire. Cela demande de la préparation, de la pédagogie, de la persévérance et une bonne dose d’enthousiasme. Mais le jeu en vaut la chandelle. Car au-delà des bénéfices économiques, la RSE est une formidable aventure humaine, qui redonne du sens à l’entreprise et qui contribue à construire un monde plus juste et plus durable. Alors, n’ayez pas peur de porter cette voix au sein de votre comité de direction.

Soyez l’étincelle qui allume le feu de l’engagement. Parlez avec le cœur, mais aussi avec la raison. Montrez que la RSE n’est pas un frein, mais un accélérateur de performance. Et surtout, rappelez-vous que chaque pas compte. Chaque décision, chaque action, aussi petite soit-elle, contribue à faire de votre entreprise un acteur positif du changement.

Tout commence par un échange...

Christine Besneux

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.

Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.

Pitcher l’impact : comment toucher le cœur et l’esprit

Pitcher l’impact : comment toucher le cœur et l’esprit

Le « pitch d’impact » est bien plus qu’une simple présentation de chiffres pour une startup. C’est l’art de raconter une histoire, de créer une connexion émotionnelle, et de démontrer que votre projet n’est pas seulement viable, mais vital. Préparez-vous à déverrouiller le potentiel de votre récit, à faire vibrer les cordes sensibles, et à convaincre de votre impact positif, car votre mission est trop importante pour être laissée au hasard d’un pitch ennuyeux !

 

L’émotion, le carburant de l’investissement à impact

 

Dans le monde des startups, les métriques règnent en maîtres : marché, traction, modèle économique, valorisation… Et c’est fondamental, ne nous y trompons pas !

Tout investisseur cherche un retour sur investissement. Mais pour les startups à impact, il y a une dimension supplémentaire, une force invisible : l’émotion. Vous ne vendez pas qu’un produit ou un service ; vous proposez une solution à un problème social ou environnemental, une vision d’un monde plus juste. Et cette vision, pour être adoptée, doit résonner profondément.

Les neurosciences nous le confirment : les décisions, même les plus rationnelles, sont souvent ancrées dans nos émotions. Un investisseur qui se sent connecté à votre cause, qui saisit l’urgence de votre mission et qui est inspiré par votre passion, sera bien plus enclin à vous soutenir.

Il ne s’agit pas de manipulation, mais de communiquer avec authenticité la raison d’être de votre projet. Et pour cela, le pitch est un outil puissant. L’objectif n’est pas seulement de convaincre, mais d’inspirer.

Si vous travaillez sur une solution pour l’accès à l’eau potable,  au lieu de noyer l’auditoire sous des statistiques, vous avez tout intérêt à projeter la photo d’une petite fille souriante buvant de l’eau claire, puis à raconter l’histoire poignante de cette enfant, dont la vie a été transformée par un projet similaire… (ce pitch a vraiment eu lieu, mais je n’ai pas la source).

Le cœur avant la tête, toujours ! L’émotion peut ouvrir des portes que la seule logique laisserait closes.

 

Le storytelling pour faire de votre pitch, une épopée mémorable

 

Le storytelling n’est pas une mode, c’est une nécessité, surtout pour les startups à impact. Votre projet est une histoire en soi : celle d’un problème criant, d’une solution ingénieuse, de héros déterminés (vous et votre équipe), et d’un monde en pleine transformation.

En structurant votre pitch comme un récit, vous facilitez la compréhension, la mémorisation et l’engagement émotionnel de votre auditoire.

Comment bâtir ce récit captivant ? La méthode Pixar, popularisée par les studios d’animation, offre une structure simple et efficace en six phrases :

  1. Il était une fois… (Présentez le contexte, le problème que vous résolvez).
  2. Chaque jour… (Décrivez la situation actuelle, les conséquences de ce problème).
  3. Un jour… (Introduisez votre solution, votre innovation disruptive)
  4. Grâce à cela… (Expliquez l’impact direct et immédiat de votre solution).
  5. Grâce à cela… (Décrivez l’impact à plus long terme, la transformation sociétale ou environnementale).
  6. Jusqu’à ce que finalement… (Projetez-vous dans le futur idéal que vous construisez, votre vision ultime).

Imaginez que vous pitchez une application qui connecte les invendus alimentaires des supermarchés aux associations d’aide alimentaire. Au lieu de dire : « Notre application réduit le gaspillage alimentaire de X% et nourrit Y personnes », vous pourriez raconter :

  1. « Il était une fois, des tonnes de nourriture finissaient à la poubelle chaque jour, tandis que des milliers de personnes souffraient de la faim.
  2. Chaque jour, les supermarchés jetaient des produits encore consommables, et les associations peinaient à trouver des ressources.
  3. Un jour, nous avons créé une application qui connecte instantanément les supermarchés aux associations.
  4. Grâce à cela, la nourriture est redistribuée avant d’être gaspillée.
  5. Grâce à cela, des familles entières peuvent manger à leur faim.
  6. Jusqu’à ce que finalement, le gaspillage alimentaire devienne un lointain souvenir et que personne ne souffre plus de la faim. »

C’est pas la même limonade non ?

 

L’art de la preuve : chiffres, témoignages et projections concrètes

 

Si l’émotion ouvre les portes, la preuve concrète les maintient grandes ouvertes. Votre pitch d’impact doit être un équilibre subtil entre le cœur et la raison. Une fois que vous avez captivé votre auditoire avec votre histoire, il est temps de solidifier votre propos avec des données tangibles. Les investisseurs, même les plus sensibles à l’impact, veulent voir que votre vision est ancrée dans la réalité et qu’elle est mesurable.

Les chiffres clés

Combien de personnes avez-vous déjà aidées ? Quel est le volume de déchets que vous avez réduit ? Quel est le gain économique ou social pour vos bénéficiaires ? Soyez précis, mais ne noyez pas votre auditoire sous un déluge de statistiques. Choisissez les 2-3 chiffres les plus percutants et présentez-les de manière visuelle et compréhensible. Les données sont essentielles pour les investisseurs d’impact.

Les témoignages

Rien n’est plus puissant qu’une voix humaine. Une courte vidéo d’un bénéficiaire, une citation émouvante, ou même la présence d’un de vos utilisateurs lors du pitch peuvent transformer une présentation abstraite en une expérience concrète. Ces témoignages sont la preuve vivante de votre impact, ils donnent un visage à vos chiffres.

Les projections

Montrez votre vision à long terme. Quel sera l’impact de votre solution dans 1 an, 5 ans, 10 ans ? Comment allez-vous scaler votre projet pour toucher encore plus de monde ? Les investisseurs veulent voir que vous avez une feuille de route claire et ambitieuse. Mais attention, soyez réalistes et transparents. Ne promettez pas la lune si vous ne pouvez pas l’atteindre. L’honnêteté renforce la crédibilité et la confiance.

Muhammad Yunus, le fondateur de la Grameen Bank et prix Nobel de la Paix, a bâti son empire du microcrédit non pas sur des projections financières complexes au début, mais sur des histoires de femmes pauvres au Bangladesh dont la vie était transformée par un petit prêt.

Il a prouvé que la confiance et l’impact social pouvaient générer un modèle économique viable. Son approche a touché le cœur et l’esprit de millions de personnes, et a révolutionné la finance solidaire. C’est un exemple parfait de la puissance du récit combiné à la preuve d’impact concret.

 

L’incarnation : soyez le changement que vous voulez voir

 

Votre pitch n’est pas seulement ce que vous dites, c’est aussi qui vous êtes. En tant que fondateur d’une startup à impact, vous êtes l’incarnation de votre mission. Votre passion, votre engagement, votre authenticité sont vos meilleurs atouts. Les investisseurs n’investissent pas seulement dans une idée, ils investissent dans une équipe, et surtout, dans un leader. Ils veulent voir que vous êtes la bonne personne pour porter ce projet.

La passion contagieuse

Laissez transparaître votre enthousiasme. Votre énergie est communicative. Si vous croyez profondément en votre projet, cela se verra et cela inspirera confiance. N’ayez pas peur de montrer votre vulnérabilité, les défis que vous avez rencontrés et comment vous les avez surmontés. Cela humanise votre parcours et le rend plus crédible.

L’authenticité

Soyez vous-même. N’essayez pas de jouer un rôle. Les investisseurs sont des êtres humains et ils apprécient la sincérité. Votre histoire personnelle, ce qui vous a poussé à créer cette startup, peut être un élément puissant de votre pitch. C’est ce qui vous rend unique et mémorable, et qui crée une connexion durable.

La clarté et la concision

Même avec toute la passion du monde, un message confus ne portera pas. Entraînez-vous à exprimer votre idée de manière simple et directe. Chaque mot compte. Évitez le jargon technique inutile. Pensez à l’« elevator pitch » : pouvez-vous expliquer votre projet en quelques secondes, de manière percutante et compréhensible par tous ?

 

Votre impact, votre héritage

 

Pitcher l’impact, c’est bien plus qu’une simple étape dans la vie de votre startup. C’est une opportunité de partager votre vision, d’inspirer, et de rallier des forces autour d’une cause qui vous dépasse.

La prochaine fois que vous vous tiendrez devant un auditoire, rappelez-vous : vous n’êtes pas juste un entrepreneur, vous êtes un conteur, un visionnaire, un bâtisseur d’avenir. Votre pitch est votre moment pour semer les graines du changement. Faites-le avec conviction, avec authenticité, et avec cette étincelle qui fait toute la différence. Allez-y, et laissez votre impact résonner !

Tout commence par un échange...

Christine Besneux

Je rends remarquables les prises de parole de celles et ceux qui veulent changer le monde.

Christine Besneux. Coach & formatrice en prise de parole. Experte en communication.